Poterie d'art Menelika (Genève, 1924 - 1960)

atelier céramique
Biographical and historical informations

En 1924, Hélène Imbert-Amoudruz (1894-1987) et son époux Charles lmbert (1899-1985) ouvrent un atelier de céramique, en ville de Genève, rue du Stand, à l'enseigne «Poterie d'art Menelika».

A l’instar de Marcel Noverraz à La-Chapelle-sur-Carouge, le couple Imbert-Amoudruz défend l'idéal d'un artisanat d'art créatif et de bon niveau. Leur atelier participe, surtout dans la période de l'entre-deux-guerres, à faire de la région genevoise un foyer céramique extrêmement vivant et original.

La production faïencière semble prendre vie sous la plume de ses créateurs : «La faïence a son langage bien à elle, son caractère personnel : la Bonhomie. On devine que son enfantement s'est accompli dans la joie, (...) car on la retrouve partout, dans le temps et dans l'espace, égale à elle-même : aimable, spirituelle, naïve et bonhomme - à moins qu'on ne dise bonne fille ».

La poétique de ce petit monde céramique évolue à un rythme mesuré, en présentant une œuvre centrée sur quelques idées fortes qui vont traverser les années comme autant de fils rouges.
Dans les formes telles que le vase boule ou le vase ovoïde – déclinés depuis la fin des années 1920 jusqu'aux années 1950 – on distingue de légères variations dans les proportions, plutôt dans le profil du col ou celui du pied.

Les décors proposent des sujets récurrents mais toujours renouvelés. Les plus belles faïences sont rehaussées de scènes animées qui racontent leurs thèmes de prédilection : déjeuners sur l'herbe, Adam et Eve au paradis, scènes de chasse, le cirque ou la fête foraine, les animaux exotiques, l'Afrique. Ces mêmes sujets se retrouvent tout au long de la production, sans cesse revisités, que ce soit dans le style pictural ou dans la palette des émaux. Après avoir subi, entre 1927 et 1930, l'influence de la peinture moderne, Charles Imbert développe un style personnel, empreint d'une naïveté joyeuse et d'un lyrisme plein de charme.

Ce couple passionnés s’est immergé avec un plaisir total dans le monde de la céramique, sans forcément prétendre à une totale maîtrise du métier. Leurs faïences, et même parmi les plus ambitieuses, présentent d'ailleurs assez régulièrement des défauts de cuisson. Cette imperfection participe finalement de ce lyrisme et de cette naïveté que Menelika considère comme des qualités fondatrices de la nature profonde de leur médium.

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